Tuesday, 3 January 2017

Après Varsovie : l’OTAN au sommet de ses contradictions

Au sommet de l’OTAN à Varsovie, l’objectif affiché était de démontrer, comme le dit le dernier paragraphe du communiqué final, « notre unité, notre solidarité et notre force ». Or sur chacun des trois points, il demeure de sérieux doutes. Qu’il s’agisse de l’unité (faire front commun face aux menaces), de la solidarité (une attaque contre l'un des membres est considérée comme une attaque contre tous) ou de la force (sur ses volets anticipation, décision, action), l’attitude des alliés témoigne de profondes contradictions.

Le défi de la crédibilité politique
Unité de façade et divergences de fond
Une solidarité publiquement remise en question

Le casse-tête de la crédibilité des forces
Le déploiement
Prise de décision
Le Renseignement

L’articulation UE-OTAN : retour vers le futur (les 3D réactualisés)
La non-discrimination
Le non découplage
La non duplication

Conclusion
De toute évidence, le seul moyen d’arriver à une véritable autonomie stratégique serait de se libérer de la contrainte fallacieuse de la complémentarité avec l’OTAN, laquelle n’a jamais été autre chose qu’une astuce savamment construite pour perpétuer une situation de dépendance. Or cette question de l’autonomie stratégique est au coeur des deux options qui s’offrent à l’Europe, et qui permettraient de résoudre l’ensemble des contradictions – l’une par le bas, l’autre par le haut. Dans la première on fait le deuil de son autonomie, dans la seconde on l’assume et on l’honore, par des décisions concrètes, jour après jour.
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In:  Défense & Stratégie n°40. Le texte intégral est disponible sur le site de Theatrum Belli.

Friday, 23 December 2016

Les partenaires européens comme boucliers du F-35

A mesure que les nuages s’accumulent autour de l'avion Joint Strike Fighter F-35 (pas les mêmes nuages qui l’empêchent de voler par temps pluvieux, ou quand ça gèle, ou quand il fait nuit etc., mais des nuages politiques cette fois-ci…), les participants européens dans le programme, voire l’OTAN dans son ensemble, sont appelés à la rescousse. Alors même que le prochain président des Etats-Unis envoie des tweets assassins qui remettent sérieusement en question l’avenir de ce programme désastreux, d’autres font des pieds et des mains pour que les F-35 deviennent soudain la solution miracle pour l’Europe. La patronne de la US Air Force déclare vouloir les y voir déployés dès l’été 2017. De par leurs capacités uniques, dit-elle, les F-35 vont pouvoir à la fois « rassurer » les alliés et « dissuader » la Russie. « Nous soutenons pleinement l’OTAN et nos alliés à acquérir ces capacités multiplicatrices de force ». Ce « soutien » est d’autant plus insistant que l’implication des alliés européens est surtout censée verrouiller/sauver le programme face au risque d’une éventuelle annulation à Washington.

Crédits photo: Lockheed Martin

Wednesday, 14 December 2016

Les points de blocage lancinants de l’Europe de la défense

Après avoir été, pendant 20 ans, le grand interdit des discussions sur l’Europe de la défense, le concept d’autonomie stratégique est soudainement devenu omniprésent. Il est le fil conducteur de la nouvelle Stratégie globale de l’UE, il apparaît de plus en plus fréquemment dans les conclusions du Conseil et dans les discours des dirigeants. Il était grand temps. Toutefois, pour juger si, au-delà des aspects déclaratoires, l’UE est en bonne voie ou non vers cette autonomie, il faut se concentrer sur les dossiers où, traditionnellement, il y a toujours eu un blocage politique. Car ces points de blocage ont été, à chaque fois, liés à la question de l’autonomie stratégique. Laquelle fut balayée, la plupart du temps, au nom de la soi-disant complémentarité avec l’Alliance atlantique.

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Saturday, 3 December 2016

La Commission change, timidement, de logiciel sur la défense

Avec son Plan d’action européen de la défense, la Commission de Bruxelles amorce un véritable changement de paradigme, à triple titre. La grande nouveauté, c’est la mise à disposition de financements communautaires pour soutenir la recherche et des programmes militaires. Qui plus est, sur deux autres sujets controversés atlantisme vs. autonomie, ouverture sans limites vs. politique industrielle, elle opère des infléchissements dans un sens positif: vers (un peu) plus d’autonomie et (un peu) plus de politique. Mais elle refuse toujours obstinément d’aller au bout de sa logique.

L’eau et l’huile, finalement, se mélangent
Vers plus d’autonomie et plus de politique ?
La pierre manquante de l’édifice

Pour lire le papier, veuillez cliquer ici: Note d'actualité IVERIS


Tuesday, 20 September 2016

Défense européenne : « c’est parti » ?

Interrogé le jour du sommet informel de l’UE à Bratislava, le 16 septembre, le ministre des affaires étrangères français assure : « on est en train d’avancer sur une politique commune de défense ». A la remarque sceptique qui s’en est suivie pour noter qu’il y a maintenant vingt ans que l’on en parle, de cette Europe de la défense, Jean-Marc Ayrault répond, apparemment sûr de lui : « Oui, mais ça y est, c’est parti ». Que son optimisme soit fondé ou pas, une chose est certaine : la défense européenne n’a jamais bénéficié d’une constellation aussi favorable que ces jours-ci.



Sunday, 11 September 2016

Pourquoi l'Amérique comprend mal le monde, de Paul R. Pillar (Note de lecture)

A l’approche de la présidentielle US, il n’est sans doute pas inutile de méditer sur l’exceptionnelle continuité de la politique étrangère américaine, que ce soit entre George W. Bush et Barack Obama ou entre William (Bill) Clinton et Ronald Reagan. Certes, la première marque de la politique étrangère d’une grande puissance est toujours ses invariables, quels que soient les hommes et les circonstances. Cela étant dit, l’Amérique est un cas à part. Elle se caractérise à la fois par une vision déformée de son rapport avec le « reste du monde » et par une incapacité flagrante à corriger cette déformation initiale, qui découlent, toutes les deux, directement de sa géographie et de son histoire.