Saturday, 2 July 2016

Brexit : un coup de poignard dans le dos des Etats-Unis

Au lendemain du référendum britannique, le vice-président américain, Joe Biden s’est exprimé en disant : « Nous aurions préféré un résultat différent ». Quelques jours après, le Secrétaire d’Etat Kerry estime qu’il n’est toujours pas impossible de revenir en arrière. En effet, au cours des six dernières décennies, l’Amérique avait fait des pieds et des mains pour obtenir, puis perpétuer la présence de son allié préféré au sein de la construction européenne. La raison en est simple. Comme l’explique l’ambassade US à Londres, « l’Union européenne est l’organisation la plus importante du monde dans laquelle l’Amérique n’a pas de place à la table ». Pour y faire entendre sa voix, il a donc besoin d’un cheval de Troie ou, en termes diplomatiques, « l’expression dans l’UE de l’approche commune américano-britannique grâce au statut de membre du Royaume-Uni ». Sauf que les électeurs britanniques viennent d’opter pour la sortie…



Thursday, 17 March 2016

Nouveau point sur la défense européenne, par la RMF UE

Au cœur du dernier numéro de la Lettre de la Représentation militaire de la France à l’UE se trouve l’analyse de l’invocation de la clause de défense mutuelle de l’Union européenne, au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Elle confirme que l’intérêt de ce recours à l’article 42.7 concerne plus les conséquences potentielles sur l’évolution de la PSDC (politique commune de sécurité et de défense) que les éventuels apports opérationnels...



Wednesday, 24 February 2016

Le statut très spécial du Royaume-Uni

A l’issue du sommet de l’UE des 18-19 février, destiné à trouver un arrangement qui satisfasse les exigences posées par Londres, en vue du référendum sur la sortie britannique de l’Union, le Premier ministre Cameron s’est targué d’avoir arraché un accord qui « allait donner un statut spécial » au Royaume-Uni. Au même moment, le président français a rappelé que, de par ses nombreuses exemptions, l’Angleterre « a toujours eu une place particulière en Europe ». C’est exact. Toutefois, la vraie spécificité des Britanniques à l’intérieur de l’UE aujourd’hui réside dans la prédominance idéologique de leur ligne résolument atlantiste et libre-échangiste...


(Crédit photo: Union européenne)

Thursday, 18 February 2016

Au-delà de la question du Brexit

En 1975, au moment du premier référendum britannique sur la question de savoir si l’Angleterre devait rester ou pas dans ce qui était alors les Communautés européennes, une caricature du Canard enchaîné dessina le Premier ministre Harold Wilson au lit, sur une Europa manifestement ennuyée qui l’implorait : « Entrez ou sortez, mon cher Wilson, mais cessez ce va-et-vient ridicule ». C’était il y a plus de quarante ans… Quatre décennies durant lesquelles l’Angleterre a soigneusement gardé sa position « semi-détachée de l’Europe », pour citer l’ancien Commissaire britannique, Chris Patten...



Sunday, 10 January 2016

Nouveau projet de loi sur l’OTAN : quels risques pour la France ?

Au Conseil des ministres du 4 janvier, Laurent Fabius a présenté un projet de loi autorisant l'accession de la France au Protocole sur le statut des quartiers généraux internationaux dans les pays de l’Alliance. Pour rappel : ce Protocole fut signé à Paris, en 1952, avant que le général de Gaulle ne s’en retire en 1966, en déclarant que « la France se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamée par la présence permanente d’éléments militaires alliés, et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’Organisation atlantique »...

Crédit: Ministère des Affaires étrangères

Friday, 1 January 2016

Ariane 6 : le début de la fin pour l’industrie spatiale européenne ?

Atout stratégique par excellence, le lanceur Ariane est le symbole même de l’Europe spatiale. Fait plutôt rare, c’est un succès à la fois politique, technologique et commercial. Or il risque aujourd’hui d’être détricoté, suite à un transfert inédit de contrôle et de compétences de l’Etat vers des industriels privés. 

Le projet du nouveau lanceur, successeur de l’actuelle Ariane 5, fut approuvé en décembre 2014 par les ministres européens. Pour faire face à la concurrence internationale, en particulier à l’américain SpaceX et ses lancements à bas prix, ceux-ci ont accepté, de A à Z, un projet proposé par les industriels. Plutôt que de privilégier l'innovation technologique, ce projet se fonde sur la mainmise de ces derniers sur l’ensemble de la filière. Il prévoit une réorganisation-privatisation de fond en comble pour s’approcher d’un modèle, prétendument plus compétitif, importé des Etats-Unis ; mais sans la garantie des engagements étatiques qui, en réalité, le font vivre de l’autre côté de l’Atlantique.

En agissant ainsi, les gouvernements européens, en premier lieu la France, prennent de sérieux risques. Outre les aspects financiers (qui laissent poindre le spectre d’une immense gabegie), c’est avant tout la modification des rapports de force entre industriels et pouvoirs publics qui s’annonce fort problématique. Donner les clés de ce programme hautement stratégique à des industriels comme Airbus, aux visées douteuses et à l’allégeance malléable, témoigne, de la part de l’Etat, d’une attitude pour le moins irresponsable.


Crédit: Agence spatiale européenne

Tuesday, 1 December 2015

Airbus invente l’industrie d’armement apolitique

Après avoir délibérément dés-européanisé le nom de son groupe, l'ex-EADS, le PDG d’Airbus reste fidèle à ses convictions. Au sujet de la vente prévue des activités liées à l’électronique de défense d’Airbus, Tom Enders déclare être indifférent à la nationalité de l’acquéreur, puisque seul le prix compte. « Si nous vendons quelque chose, je dois en obtenir le meilleur prix possible », a-t-il dit dans un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung. En prenant le soin de préciser qu’il procède ainsi, en considérant même les offres hors Europe, « contrairement à certaines recommandations venant de la sphère politique »...