Sunday, 11 May 2014

A la marge du dernier numéro de Défense & Stratégie

Le dernier numéro de Défense & Stratégie est à apprécier particulièrement au regard des récents événements. Dans son éditorial, Patrice Buffotot parle de la « surprise stratégique » en Ukraine – laquelle surprise est un désaveu grandeur nature des choix opérés par les Européens. Notamment en ce qui concerne de privilégier candidement l’idée du « Soft power » civilo-militaire ; en partie pour se mettre en conformité avec l’interventionnisme moralisant américain.
Or, comme le rappelle l’édito, « A vouloir se spécialiser dans des interventions de faible intensité, les Européens prennent le risque de ne plus savoir faire une guerre de haute intensité », ce qui laisse un vide stratégique béant sur notre continent. « Pour preuve, les négociations concernant le règlement de la crise ukrainienne se font directement entre la Russie et les Etats-Unis, par-dessus la tête des Européens.»

D’après le directeur de l’Observatoire Européen de Sécurité, « Il faut espérer que cette crise de l’Ukraine soit salutaire pour les Européens et leur fasse prendre conscience du vide stratégique provoqué par le désarmement structurel commencé à partir de 1991. L’Europe doit aussi mettre en place une défense crédible et réorienter sa politique de défense en prenant en compte la défense territoriale ».

Et ce d’autant plus, que la « réassurance américaine n’est plus aussi efficace qu’au temps de la guerre froide ». Or c’est un point crucial. Entre la volonté des Américains de « profiter de cette crise pour redonner à l’OTAN une nouvelle légitimité » et la majorité des Européens confrontés aux faiblesses de leurs armées de papier, le constat des « incertitudes de la réassurance américaine » est la seule lueur d’espoir. A condition que ce constat ne soit pas balayé, escamoté, repoussé sans relâche…. jusqu’à ce que nous aurons sacrifié tout ce qui nous reste de notre indépendance, sur l’autel d’un parapluie imaginaire. Mais qui vient avec une étiquette de prix bien trop réelle.